Le département du Pas-de-Calais a payé un lourd tribut paysager et sanitaire au modèle de développement économique que nous connaissons afin de fournir la France en énergie. En dépit de la solidarité, de l’esprit d’initiative et du dynamisme de ses habitants il a fallu des décennies pour que s’accomplisse le lent processus de reconversion économique et environnemental du bassin minier.
La préfecture du Pas-de-Calais a autorisé la construction de 450 éoliennes ou aérogénérateurs, 191 permis de construire sont en cours d’instruction auprès de vos services, ce qui place le Pas-de-Calais en troisième position au niveau national.
Aujourd’hui, il est anormal que les habitants du Pas-de-Calais - qui représentent 2,3% de la population nationale - accueillent 10,67% de la production nationale d’énergie éolienne. La transition vers un autre modèle de développement ne pourra se faire que si elle est équilibrée et ce n’est pas le cas actuellement.
S’il est évidemment nécessaire de substituer aux énergies actuelles des énergies renouvelables , s’il est essentiel de rendre notre économie moins gourmande en énergie, si le Département du Pas-de-Calais doit assumer sa part de travail, le développement de l’éolien pose un vrai problème dans notre territoire.
Les habitants de nos territoires vivent de plus en plus mal la pression éolienne.Beaucoup ont l’impression d’être les victimes d’une spéculation qui se dissimule derrière l’impératif environnemental. Les cours de bourse de certaines sociétés agissant dans ce secteur ne peuvent leur donner tout à fait tort.
L’Etat est aujourd’hui engagé dans une démarche de développement durable et c’est heureux. Néanmoins, le développement durable, tel que défini par l’ONU repose sur trois piliers: l’environnemental, l’économique et le social. Force est de constater que ce que je suis contraint d’appeler « frénésie éolienne dans le Pas-de-Calais» peine à s’appuyer sur le premier et ne saurait prendre pied sur les deux autres.
Il faut faire une pause dans la construction d’éoliennes, une pause pour réfléchir, pour faire des choix cohérents dans la réduction globale de notre consommation d’énergie, une pause pour évaluer sans a priori les inconvénients et les avantages de l’éolien.
Je demande donc à Monsieur Pierre de Bousquet de Florian, Préfet du Pas-de-Calais, de mettre en place un moratoire sur la construction d’éoliennes dans notre Département.
Dominique Dupilet
Président du Département
Conseil général du Pas-de-Calais
Nous sommes tous des co-usagers du « sur-sol ».
Il n’y a aucune raison de sacrifier le cadre de vie de quiconque, quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur ledit cadre de vie, appelé à tort « paysage » par l’administration, car l’implantation massive d’éoliennes ne relève en rien d’une question esthétique. Le problème est là : de la même manière que le protocole de Kyoto veut mettre fin au fait que des intérêts privés usent et abusent de l’usage gratuit et illimité de l’atmosphère, aucun intérêt privé ne devrait pouvoir se réserver l’usage du « sur-sol » en milieu rural et se permettre d’obstruer le champ visuel et l’horizon des co-usagers, présents et à venir, de cet espace.
En plus des habitants qui le traversent pour se rendre aux lieux de leurs diverses activités, l’espace rural est parcouru par de nombreux usagers : agriculteurs, éleveurs, chasseurs, pêcheurs, randonneurs à pied ou à bicyclette, etc. Un agriculteur nous a dit : « Je n’ai pas envie de voir des éoliennes tous les jours de ma vie quand je suis sur mon tracteur ».
En fait, les exploitants éoliens et les propriétaires s’approprient pour une activité industrielle un bien commun : le champ visuel, l’horizon, le ciel, le cadre de vie de tous les habitants.
C’est ce rapport, qui transforme toute chose en valeur marchande, même « les choses sans maître », qui n’appartiennent à personne, qui est en cause ici. Or l’espace visuel (le « paysage » comme disent, hélas, certains) fait partie des ces <> dont l’usage est commun à tous, comme la mer, la lumière, l’eau de pluie, le vent.
Les propriétaires qui louent leurs terres aux promoteurs éoliens, source de la pollution visuelle qui détériore le cadre de vie de leurs concitoyens, en le rendant impropre à l’usage commun, se rendent coupables d’un détournement, à leur profit exclusif, de la chose commune. Il s’agit bien d’une appropriation privée, puisque la possibilité d’une indemnisation des riverains est parfois évoquée. Pourquoi gâcher de manière outrancière, et irrémédiable selon toute probabilité, la partie « aérienne » des campagnes qui avait échappé au productivisme jusqu’alors ?
Pour qu’une idée puisse être considérée comme bonne et juste (protéger la planète), il faut que les moyens mis en œuvre pour son application puissent être considérés eux aussi comme bons et justes, c’est-à-dire qu’ils ne nuisent à personne et ne grèvent pas l’avenir d’une région. Aujourd’hui, les exigences de la PRODUCTION (produire de l’électricité) ne peuvent plus aller contre les exigences de la PROTECTION du cadre de vie sans attenter au bien-être des citoyens, de tous les citoyens, quelle que soit l’appréciation portée à la qualité de leur cadre de vie. Tout être humain vit DANS ce qui est appelé à tort « paysage » et NON passivement DEVANT comme un touriste.
Le droit au « paysage » est aujourd’hui reconnu.
La Convention européenne du paysage, en vigueur en France depuis le 1er juillet 2006, affirme ceci :
« L’originalité de la Convention réside dans son application aussi bien aux paysages ordinaires qu’aux paysages remarquables, car tous sont déterminants pour la qualité du cadre de vie des populations en Europe. Elle englobe donc à la fois les paysages du quotidien, remarquables ou dégradés. Ce vaste domaine d’application est justifié par les raisons suivantes : tout paysage constitue un cadre de vie pour la population concernée. »
On voit que, contrairement aux schémas éoliens départementaux, la Convention européenne du paysage accorde une importance égale à tous les « paysages ». Dans les zones rurales, le « sur-sol » – l’horizon et le champ visuel –, ne peut être considéré comme les anciennes mines du sous-sol, c’est-à-dire être lourdement exploité, comme si ces zones étaient inhabitées.
Pourtant les promoteurs éoliens parlent de notre cadre de vie comme d’un « gisement ». Dans leur mine à ciel ouvert, les habitants sont-ils de trop ?
Notre cadre de vie encombré maintenant par ces nouvelles <>, comme certains les appellent, n’est revendiqué par personne. Vous ne le voyez jamais dans les catalogues des agences de tourisme. Alors que le cadre naturel est souvent un facteur d’identité et d’appartenance, personne ne peut s’identifier à un site « éoliennisé » et dire : voilà le cadre de vie dont je rêvais depuis toujours. Il faut donc bien que l’invasion éolienne soit ressentie comme une dégradation du cadre de vie.
Nous soutiendrons votre demande de moratoire. N’hésitez pas à signer notre pétition qui s’élève contre l’éoliennisation massive des plaines de Basse-Normandie :
Nous vous remercions à l’avance.
Corinne Bourdon, présidente de Laizon Environnement
Maizières (Calvados)
Monsieur Le Président,
Permettez-moi de répondre à vos remarques à propos de l’énergie renouvelable d’origine éolienne.
Vous parlez de « lourd tribut » paysager et sanitaire, comme si l’on pouvait comparer d’une façon l’éolien à l’exploitation du charbon, et donc laisser croire qu’une maladie comparable et aussi dangereuse que la silicose pourrait être induite par la présence d’éolienne !!!!
Coté tribut paysager, vous devriez savoir que le démantèlement des éoliennes est prévu financièrement dés la construction de celles-ci et qu’elles ne laisseront pas de galeries souterraines ni des monts de granulats aux alentours, ni de déchets dangereux…
Votre introduction me parait très injuste et subjective sur la présentation de vos motivations à demander ce moratoire.
Votre raisonnement se poursuit sur le pourcentage d’habitants du Pas de Calais je pense qu’il serait plus juste d’utiliser la consommation globale de notre région et là nous arrivons à 10 % de la consommation moyenne française, expliquée par la présence de grosse entreprises énergétivores.
Si l’on poursuit votre raisonnement dans l’absolu le département du Nord fournisseur d’énergies électriques d’origine nucléaire pourrait aussi se « plaindre » d’accueillir ces réacteurs qui produisent plus qu’il en faut pour le seul département 59. Ils servent aussi à alimenter une partie de notre territoire national.
S’il n’y avait pas ces éoliennes notre département ne produirait guère d’énergie ou très peu et nous serions que des consommateurs ! Alors nous n’avons pas le droit de gémir sur notre capacité de production électrique qui est seulement de 5% au regard de celle fournie par notre département voisin du Nord ou encore qui correspond en éolien à 6.5 % de la production Nationale.
De plus il me parait évident qu’il faille produire et exploiter l’énergie là où elle gît en abondance et dans le 62, le vent s’y trouve généreusement, donc normal d’y produire de l’éolien et de partager cette ressource avec des habitants qui n’en ont pas, un peu à l’image de ce qui est fait pour les nappes phréatiques absentes dans certains départements. C’est une notion de solidarité et de partage.
En matière d’énergies renouvelables, on trouvera donc plutôt du photovoltaïque dans les régions méridionales et de l’hydraulique dans les régions montagneuses … toutes ces sources d’énergies sont complémentaires elles se créent et se partagent au sein même de la nation.
Si l’on veut atteindre l’objectif des 20 % d’énergie renouvelables, seul l’éolien peut nous en rapprocher rapidement et cela ne peut se faire que sur des territoires exposés aux vents.
Electoralement vous prenez peu de risques, car de nature l’homme à toujours eu peur du progrès en général, pour preuve les oppositions relatées lors de l’apparition jadis, des premiers moulins à vent, (de nos jours on les remet en état). Il est plus simple de s’opposer que de faire avancer des technologies nouvelles et moins polluantes. Etonnamment, je suis certain que vous, élus en général, rencontrez ces même craintes et oppositions lorsqu’il s’agit de construire une autoroute ici ou un incinérateur là …. Et sur ce sujet qu’est l’éolien vous êtes cette fois ci du coté des « antis »
L’éolien çà ne génère pas de risque, ça produit des Mégawatts (lorsque le vent souffle) avec une ressource inépuisable et non polluante. (4176 MW de puissance installée en France dont 268 MW pour la région NPDC) Mais comment faire comprendre et accepter aux citoyens qu’il faille faire tourner des aérogénérateurs à coté de chez soi alors que çà fonctionne aussi avec une centrale thermique plus polluante loin de chez soi !
Et puis même si l’on se trompait avec l’éolien peut on pas le supporter juste une vingtaine d’années le temps de juger ? Gardons confiance dans le fait que l’homme puissent s’adapter et accepter « l’étranger » qu’est l’éolien pour remplacer des centrales thermiques.
Il est bien d’accord qu’en parallèle il faille revoir nos habitudes de consommation d’énergie mais j’ai bien peur que cela ne reste qu’un vœu pieux, Sachant que l’on voit de plus en plus de lumières briller dans nos communes, de leds dans nos foyers .. Les hommes auraient-ils aussi peur de la nuit ?
Avant de finir je précise que je réside à proximité d’un parc éolien et je l’accepte car je crois aux bénéfices écologiques de celui-ci.
Veuillez Agréer Monsieur le Président, mes Salutations distinguées.
JFD.
Bravo Monsieur Dupilet ! Merci d’écouter ceux qui veulent discuter avant qu’on sacrifie à l’autel de la consommation et du profit nos paysages naturels, notre cadre de vie, pour quelques watts de plus.
Je commençais à désespérer de trouver un socialiste au PS!
Enfin un élu PS courageux qui ose demander un moratoire devant la frénésie d’implantation d’éoliennes industrielles. Il est temps de réfléchir aux enjeux réels de cette énergie, soi-disant écologique, mais en fait un pur produit financier.
Merci et j’espère que d’autres élus auront votre courage pour sortir de l’hypocrisie et du cynisme ambiants.
Il est simpliste de prétendre que seul la ressource en vent guiderait l’implantation des éoliennes. Il suffit de regarder une carte de France des implantations pour voir que, si les éoliennes aiment le vent, elles aiment aussi beaucoup la pauvreté, de sorte que les régions à faibles revenus s’en trouvent abondamment pourvues.
Bravo, Monsieur le président !
souhaitons de de nombreux autres présidents vous suivent .
Un autre choix est possible: l’éolien, c’est pas citoyen.
OUI à un moratoire sur l’éolien en Anjou et pour
toute la France !
On ne vit pas au Far Ouest !
NON à l’éolien industriel !
Une imposture écologique et un scandale financier !
OUI aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables !
Un homme politique qui ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.C’est un acte courageux qui vous honore, Monsieur le Président.
Bonjour à tous,
Primo : la vraie question est de moins consommer et pas d’implanter plus !!!
Secundo : si pour consommer plus (sous entendu notamment ds les habitats urbains et péri urbains) il faut transformer les campagnes en zônes industrielles ce n’est pas sérieux (surtout à l’heure où l’on se pose la question de préserver nos terres agricoles) car pour les zônes d’habitat dispersé l’affaire va devenir un cauchemard !
Tertio : oui à un moratoire en Nord Pas de Calais mais également à un moratoire national
Avec une poignee d’habitants nous avons crée un collectif contre la proliferation des parc eoliens et notamment sur celui qui concerne notre commune en l’occurence Delettes.
Nous sommes maintenant soutenus par une majorité des habitants de la commune.
Malgre cela il est tres difficile de se faire entendre face à ces sociétés tres puissantes. Alors si vous avez des idées et si vous voulez nous soutenir envoyez vos arguments et vos soutiens à cette adresse: adecpe@voila.fr
Merci Dominique Dupilet pour ton courage!
BRAVO !!
l’imposture éolienne commence à percer de plus en plus dans les esprits. Il faut s’unir pour contrer ces projets monstrueux qui ne servent qu’à engraisser les promoteurs de machines éoliennes.
Le reste, on le sait, c’est du vent ! (sans jeu de mot…) et quant à la destruction de la beauté de nos campagnes, c’est une catastrophe.
Merci Monsieur le Président. Je vous soutiens et vous tire mon chapeau.
à JFD
Toutes les énergies renouvelables sont bien acceptées (à part le solaire sur sol et l’éolien).
Ce n’est pas “l’éolien ou rien”. Donc pas la peine d’infliger ce spectacle, choisissons donc les énergies renouvelables qui ne posent pas de problème d’acceptabilité sociale.
Les promoteurs n’ont qu’à proposer autre chose à la région: biomasse, géothermie …